Light Phone 3 : la communauté a déjà créé plus de 80 outils, Light leur ouvre sa bibliothèque en novembre
Par Anthony ·

La communauté du Light Phone 3 n'a pas attendu le feu vert. Au moment où Light annonce l'ouverture des candidatures pour sa Tool Library, un annuaire indépendant recense déjà 83 outils codés par des utilisateurs : un accordeur, un dictionnaire hors ligne, des cartes de randonnée, un lecteur de livres audio, un client Spotify. La preuve qu'il y avait une vraie attente.
La bonne nouvelle annoncée par la marque ce mois-ci, c'est que tout ce travail va enfin trouver une vitrine officielle : la bibliothèque d'outils communautaires ouvre en novembre, et Light commence dès maintenant la sélection.
Ce que Light vient d'annoncer
On vous racontait au printemps comment Light ouvrait son OS aux développeurs, puis cet été comment les premiers outils construits avec le SDK (Météo et Authenticator) arrivaient sur le téléphone. Voici la troisième étape, celle qui compte pour les utilisateurs.
Le billet publié par Light tient en trois points :
- Les soumissions sont ouvertes. Un développeur qui veut proposer son outil passe par le dashboard, rubrique Account, puis Developer Account.
- La Tool Library ouvre en novembre aux utilisateurs du Light Phone 3. Une sélection d'outils validés par Light, installables depuis le dashboard, qui se comporteront exactement comme les outils natifs.
- Un troisième outil maison rejoint Météo et Authenticator : Rideshare, pour commander une course en VTC. Light précise l'avoir construit avec le même SDK que celui distribué au public.

Au passage, LightOS s'améliore pour tout le monde
Dans son annonce, Light mentionne presque en passant une autre nouvelle, peut-être la plus importante. Le travail sur le SDK débloque des améliorations du cœur de LightOS, qui arriveront chez tous les utilisateurs :
- un clavier entièrement reconstruit, et open source ;
- des sauvegardes automatiques du téléphone ;
- une nouvelle synchronisation des données, rapide, hors ligne et privée.
Les sauvegardes automatiques, surtout. Perdre ses notes, ses contacts et ses réglages parce qu'un téléphone tombe dans une flaque reste une vraie angoisse pour qui a tout misé sur un appareil minimaliste. Si Light tient la promesse d'une sauvegarde qui ne passe pas par un cloud bavard, c'est l'une des meilleures nouvelles de l'année pour le Light Phone. Pas de date annoncée, en revanche.
Huit règles pour entrer dans la bibliothèque
Light ne veut pas d'un app store, et le dit avec des critères écrits noir sur blanc. Pour être accepté, un outil doit :
- Avoir un objectif clair. Rien qui pousse à revenir vérifier dix fois par jour. Pas de fil infini.
- Respecter la vie privée. Aucun tracking, aucune analytique, et toute donnée qui quitte le téléphone doit être annoncée.
- Ne contenir aucune publicité.
- Être open source, pour que n'importe qui puisse relire le code.
- Utiliser le SDK officiel.
- Suivre le langage visuel de LightOS. Le critère le plus subjectif, Light l'admet.
- Durer. Privilégier le fonctionnement hors ligne, et ne dépendre que de services tiers solides.
- Ne pas poser de problème juridique. Light prévient que certains outils séduisants pourraient être refusés à cause des conditions d'utilisation de services tiers.
La règle 4 est la plus radicale. Aucun app store grand public n'exige le code source. Ici, c'est la condition d'entrée. Et la règle 1 résume toute la philosophie : un outil réussi est un outil qu'on ouvre, qu'on utilise et qu'on referme.
La communauté a déjà rempli les étagères
Light le reconnaît lui-même : des collections non officielles circulent déjà. La plus fournie s'appelle awesome-light, tenue par un développeur indépendant sans lien avec la marque. On y compte aujourd'hui 83 outils, dont 19 distingués par son mainteneur pour leur stabilité et leur design.
En les parcourant, on voit surtout ce qui manquait au Light Phone :
- La musique et l'audio. Plusieurs lecteurs pour votre propre bibliothèque (Reverb, Amp), des lecteurs de livres audio compatibles avec les bibliothèques publiques, NTS Radio, et même des clients Spotify. De quoi réconcilier ceux qui ont quitté le streaming pour posséder leur musique et ceux qui ne sont pas prêts.
- L'orientation. Des cartes topographiques pour la randonnée, des horaires de transports (métro de New York, bus britanniques, transports norvégiens). Un bon complément à ce qu'on expliquait pour se repérer sans smartphone.
- Les petits outils du quotidien. Un accordeur, un métronome, un dictionnaire et un traducteur hors ligne, un portefeuille de cartes de fidélité et de billets, une liste de courses, un minuteur de prise de médicaments.
- La messagerie. Un client Matrix chiffré de bout en bout, une version allégée de Molly (dérivé de Signal). Un sujet sensible, quand on sait combien la question WhatsApp sur un dumbphone pèse dans le choix d'un téléphone.
Tout cela s'installe aujourd'hui de manière artisanale, par câble ou par des bricolages Wi-Fi non officiels. C'est précisément ce que la Tool Library doit remplacer : un bouton dans le dashboard, et c'est tout.
Notre avis
Light réussit quelque chose de rare : ouvrir sa plateforme sans en faire un supermarché. Les critères sont exigeants, l'open source est obligatoire, la publicité est bannie. Et la communauté a déjà prouvé qu'elle comprenait l'esprit, en construisant surtout des outils sobres et utiles plutôt que des distractions.
La ligne restera pourtant délicate à tenir. Un outil de scores sportifs ou un lecteur RSS respecte la lettre des règles, mais peut vite devenir le réflexe qu'on cherchait à perdre. Et la règle juridique laisse planer un doute sur tout ce qui touche à des services tiers (Spotify, VTC, messageries), soit précisément ce que beaucoup attendent. Quant aux propriétaires du Light Phone Flip ou du Light Phone 2, ils restent pour l'instant à l'écart : la bibliothèque est réservée au Light Phone 3.
Le vrai test arrive en novembre. Nous regarderons combien d'outils passent le filtre, lesquels restent à la porte, et surtout si le Light Phone 3 reste ce qu'il est : un téléphone qu'on oublie dans sa poche. Au vu de la trajectoire du téléphone depuis sa sortie, on reste confiants.


